Révélation musicale de l'année 2006, son premier album, vendu à plus de 150.000 exemplaires en trois mois, se révèle un franc succès. Emplie de spiritualité, il s'appelle « Joyful ». C'est son surnom : «J'ai foi en la vie», explique t-elle. Composé de chansons de toutes les couleurs - folk, soul, reggae – l'opus raisonne comme un écho des blessures et des bonheurs de la chanteuse. Son tube « Down on My Knees » ou « And It's Supposed to Be Love », deux complaintes mélancoliques, donnent des frissons. Ses textes évoquent le racisme, son enfance abîmée, ses parents divorcés...Mais « sans rancune. Sans procès », précise t-elle. Ayo évoque aussi, au fil de ses titres, l'Afrique et le Nigeria, qu'elle connaît peu et où elle se rendra bientôt. Son deuxième prénom, Olasunmibo, signifie «Celle qui est née à l'extérieur, mais qui reviendra avec la prospérité en elle».
Ses influences musicales viennent autant de Bob Marley, Jimmy Cliff, Stevie Wonder ou Billie Holiday. Elle apprécie surtout la musique des années 70, qui véhicule « plus d'émotions, de sensibilité que celle d'aujourd'hui, une musique bien plus froide, trop technique, trop synthétique. Moi j'aime que le piano ait le son d'un piano, pas d'un synthétiseur ».
Elle confesse trouver sa plénitude lorsqu'elle est au chant, en s'accompagnant de la guitare, « parce qu'alors je suis moi-même à 100%. Dans la vie de tous les jours, vous n'êtes qu'à moitié vous-même. Tout reste en surface. Vous cachez vos sentiments profonds. La musique, pour moi, ce n'est pas de la représentation, ce n'est pas une performance, c'est ce qui me permet d'être moi ».
Malgré sa réussite actuelle, celle qui est en tournée jusqu'au 18 décembre à l'Olympia, sait d'où elle vient et garde la tête froide. Si à sa place, d'autres pourraient avoir la folie des grandeurs, Ayo redouble d'humilité et reste elle-même, en toute simplicité : « Je ne veux que ce dont j'ai besoin pour vivre. Je serais bien plus heureuse d'aider dix enfants dans le besoin que de m'acheter dix sacs Louis Vuitton! ».
